Philomène Longpré

PHILOMÈNE LONGPRÉ est une artiste dont la pratique englobe à la fois l’art robotique, les récits interactifs et la performance. Depuis 1999, ses œuvres furent présentées à de nombreuses expositions dont Cereus – Reine de la nuit, au centre PHI lors du Festival Elektra, Canada; Formica à la Biennale internationale d’art numérique (BIAN), Canada; Illusio à EXIT et VIA, France; Échange Télématique au Festival Looptopia et à Collider, États-Unis; Octopus à FILE Electronic Art Festival, Brésil; AIR Hong Kong Arts Centre,Hong Kong; Passage à BUDI, Corée ainsi qu’au Thaïland New Media Art Festival, Thaïlande et au Festival Di Cupramontana, Italie.

Longpré a développé une série de systèmes vidéo qui traduisent le langage du corps, tout en explorant l’interactivité entre les mondes physique et virtuel. Ses environnements juxtaposent des personnages virtuels, sculptures robotiques, membranes vidéo, sons abstraits et interfaces numériques, afin d’éliciter des expériences multi-sensorielles. Les systèmes initiaux dont la Caverne de Platon (2000), Cycle (2001), Passage (2002), et Silence Inexistant (2002), présentent des personnages qui interprètent les changements apportés à leurs environnements. Dans ses pièces plus récentes, tel qu’ Octopus (2003), Formica (v1 2003 v2 2007), Vita (2005), Illusio (2006), Underlayers (2007), Xol (2008), Cereus Reine de la Nuit (2009-2013) et Xia (2011), les personnages virtuels se redéfinissent à travers leurs interactions avec les visiteurs. Dès l’arrivée de ceux-ci dans l’espace d’exposition, les personnages projetés répondent à ce changement et provoquent la membrane vidéo «l’écran» à se modifier. Dans ses systèmes, l’interaction est conçue non seulement entre la vidéo, les sons et les visiteurs, mais aussi avec le dispositif vidéo spécialement créé pour les images présentées. Pour chacune de ses installations, Longpré crée des dispositifs vidéo uniques qui répondent à la fois physiquement et conceptuellement au contenu sélectionné. Par exemple, elle a développé une membrane sensible, un tout nouveau médium, pour la réalisation des pétales de l’oeuvre: Cereus – Reine de nuit . Composée de quatre couches de films laminées, cette membrane vidéo peut changer sa matérialité d’opaque à transparente, tout en capturant des images projetées grâce à un film holographique intégré et ce, selon la programmation de l’oeuvre et interactivité avec les visiteurs. La structure de la fleur peut aussi modifier sa physicalité par l’ouverture et la fermeture de sa structure, grâce à un système pneumatique. Tous les dispositifs hybrides conçus par Longpré influencent la perception des images en mouvement et transforment l’expérience audio-visuelle à travers l’implication des autres modalités sensorielles.

En 2006, Philomène Longpré a obtenu une Maîtrise en arts numériques de The School of the Art Institute of Chicago et en 2014, un Doctorat en étude et pratique des arts de l’Université Concordia. Sa thèse de doctorat examine les manifestations multi-sensorielles évoquées dans le cadre d’installations vidéo interactives et propose une recherche transdisciplinaire au développement artistique de membranes vidéo sensibles. Ce qui fut réalisé au Centre d’études sensorielles et à l’Institut Hexagram de l’Université Concordia. Cette recherche implique aussi des observations ethnographiques sur la façon dont la matérialité, la spatialité et l’interactivité des dispositifs vidéo sont des facteurs clés de la modification de la perception des images en mouvement, en influençant les réponses sensorielles, affectives et cognitives. Un aspect essentiel de sa démarche artistique est une collaboration unique entre les domaines des beaux-arts, l’anthropologie des sens, les génies informatique et mécanique. Le travail de Longpré a reçu le soutien du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des recherches en sciences humaines et des Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture. Elle a également été parrainée en partie par des entreprises telles que MicroVision Inc., Keen Media Ltd et NEC Display Solutions. En 2008, on lui décerna le prix OCTAS pour l’innovation en arts médiatiques, en 2005 le Trophée Judith Hamel en art numérique, et en 2004, le prix d’excellence de l’Institut Hexagram.

De plus, avant l’obtention de son doctorat de l’Université Concordia, Philomène Longpré a enseigné à The School of the Art Institute of Chicago, ainsi qu’au Centre DXARTS de l’Université de Washington et à Hong Kong Art School. Actuellement, elle dirige une recherche collaborative en art et technologie à son laboratoire d’art robotique, basé à Montréal.

« En utilisant les technologies sensorielles, non seulement mon travail est programmé pour muter au fil du temps, mais les visiteurs deviennent une partie intégrante et leur présence influence cette transformation. Je conçois des expositions multimédias, en explorant comment la spatialité affecte la perception, ouvrant plusieurs voies à l’interprétation. »

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